AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:33

Salut!

Je poste, ici, une fanfic un peu "expérimentale", en ce sens qu'elle fait revenir deux personnages de Slayers qui, jusqu'ici, ne se sont jamais rencontrés...

Je trouve pourtant que ce duo, aussi improbable qu'il puisse être, possède un réel potentiel narratif et feuilletonesque. D'autant que tous deux, à n'en pas douter, ont manqué aux fans de Slayers...

Alors, je me suis dit que, pour Noël, une petite friandise, même si ersatz, n'est pas à dédaigner...

D'un point de vue technique, je vais devoir tronçonner le texte en plusieurs posts. Merci de ne pas poster avant l'apparition du mot "FIN"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:34


Le voleur d’âmes.



Putain de merde !

Une petite voix dans ma tête répétait en boucle cette phrase simple, mais qui résumait en gros ma pensée, alors que j’observais la clientèle pouilleuse de cette taverne minable dans un patelin situé au cœur d’une haute vallée de montagnes. Fora qu’il s’appelait, comme si ça avait de l’importance. Moins de cinq cent habitants, l’activité principale consistait en un peu d’agriculture, l’élevage des chèvres, la chasse à la marmotte et le tannage de leurs peaux. Avec ça, aucune route commerciale. La métropole quoi…

Ma bière était tiède. Pas étonnant vu que ça faisait deux bonnes heures que je la faisais durer… ça avait beau être la moins chère, je n’avais plus un radis pour m’en payer une autre… Le tenancier, un gros lard aux cheveux filasse, suant dans un tablier raidit par la saleté, l’avait bien compris. Depuis vingt bonnes minutes, il me fixait d’un air mauvais, affairé qu’il était à répartir équitablement la crasse sur les chopes qu’il frottait avec obstination, à l’aide d’un torchon qui avait dû être blanc un jour… On sait tous ce qu’il advient du client insolvable qui a fini sa consommation. On le prie fermement de mettre les bouts, quitte s’il refuse à faire usage du gros gourdin planqué derrière le comptoir et à requérir l’aide des autres clients pour éjecter le pauvre gars. Ça fait à la fois l’animation et l’évènement de la journée et permet aux justiciers bénévoles de profiter ensuite d’une tournée générale offerte par la maison…
Les habitués présents dans la salle, une douzaine de pedzouilles aux vêtements de toile raidis par la sueur, l’avaient compris aussi et ils m’observaient par-dessus leurs verres en se jetant des regards entendus. Bordel ! Même le chat, une boule de poils noirâtre et pelée roulée en boule sur une chaise, me regardait d’un sale œil…

Il faut dire qu’avec mes bottes défraîchies, mes vêtements troués, mon armure de cuir patinée, un baluchon rapiécé et une barbe de plusieurs jours, j’étais presque aussi minable qu’eux. Presque, parce que moi au moins il m’était arrivé de me laver…

Mais si tous ces courageux citoyens ne m’étaient pas encore tombés dessus dans un bel exemple de courage civique, c’était pour deux raisons nommées ‘épée’ et ‘dague’. Car j’avais l’une et l’autre suspendues à ma ceinture. C’était de la bonne lame. Toute d’acier noir, solide, bien affûtée et entretenue avec amour par votre serviteur. Le genre de lame qui annonce clairement que son propriétaire est un sale enfoiré et qu’il a l’habitude de se servir d’elle, et avec talent ! Une troisième et dernière raison aurait pu s’appeler ‘arbalète’. Celle que j’avais posée sur la table, par exemple. C’était une petite merveille de légèreté et de puissance avec son arc métallique pouvant se plier et se déplier instantanément grâce à un mécanisme à double lames-ressorts actionné par un simple levier. Elle m’avait coûté plusieurs mois de solde, à l’époque où j’avais eu une solde je veux dire… Bien sûr qu’un carreau était engagé.

Mon vieux Lantz, me chuchota la petite voix, y’a pas trente-six solutions : ou tu te trouves un boulot, ou tu trouves un moyen de te barrer vite fait de ce trou…

Lantz, c’est moi, pour vous servir. Je suis mercenaire de profession et de quelques autres qui réclament du muscle, un strict minimum de principes et pas trop de délicatesse… Et présentement dans la dèche. Mais par ici, je n’avais d’autres perspectives professionnelles que gardien de chèvres, trappeur ou aide-tanneur. Seulement, je ne supporte les chèvres qu’en brochette, je n’aime pas faire souffrir les bêtes avec des pièges qui les font mourir à petit feu et pour ce qui est de la tannerie… ha ! Vous savez dans quel type de mélange on place les peaux pour les tanner ? Sans façons, merci !
De toute façon j’étais dans ce patelin depuis déjà trop longtemps. Demeurer trois jours au même endroit, même si cet endroit était loin de tout, c’était déjà beaucoup trop. Je devais bouger d’ici très vite ! Depuis quelques temps la notion de mouvement perpétuel était devenue pour moi une question de vie ou de mort… Depuis qu’ils étaient à mes trousses. Depuis qu’ils pouvaient débarquer à tout moment. Et si jamais ils me retrouvaient... Je réprimai un frisson, je préférais ne pas y penser. Surtout pas. Partir. Encore une fois. Vers où ? Peu importait, ce qui comptait c’était de ne pas rester à un endroit où ils pouvaient me rattraper. C’était devenu urgent !
Ma décision était prise, je partai. Tout de suite. Tant pis si c’était les poches vides, je préférai prendre le risque d’être considéré comme un vagabond par les autorités, plutôt que rester sédentaire un jour de plus !

Ma chope était vide, je la reposai doucement. Mais pas assez pour que toute l’assistance n’entende le léger bruit qu’elle rendit contre la table. Elle le guettait ce bruit ! Même le chat devait l’avoir guetté ! Le taulier prit l’initiative, il leva les yeux de la chope qu’il persistait depuis dix minutes à souiller avec son torchon.

- Z’avez fini ? ‘voulez aut’chose ?, m’apostropha-t-il de derrière son comptoir. La question était de pure forme, ce salaud savait très bien à quoi s’en tenir et il ne disait ça que pour chauffer la salle…

- Ouais, crachais-je. Je voudrais éclater ta sale gueule de porc bouffi sous une grosse pierre !

Tous les bruits de l’auberge, rires, conversations et tintement de verres, s’éteignirent en un instant.

Et meeerdeuh !

J’ai un défaut : j’ai une grande gueule et je ne sais pas la fermer. Ça m’a déjà valu pas mal d’ennuis par le passé, mais là ce n’était vraiment pas le moment !

D’un autre côté je n’avais pas envie de m’excuser.

De derrière son comptoir, le taulier me regarda d’abord d’un air éberlué. Puis son visage prit une expression où se mêlaient une sombre fureur et une joie sardonique à l’idée de ce qui allait suivre, et il retrouva sa langue...

- T’as dit quoi, là ?

Les habitués commençaient à se rassembler, leur démarche hésitante ne laissait pas augurer d’un esprit très clair, mais il faut dire qu’à cette altitude l’alcool frappe dur. Quoi qu’il en fut, il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour passer à tabac un type en étant à douze contre un.
Je ne les craignais pas. J’avais déjà affronté des ennemis dignes de ce nom, eux, et participé à plus d’une bataille. Ça se voyait d’ailleurs, j’avais sur la carcasse assez de cicatrices pour illustrer un cours d’anatomie, section chirurgie, assez de muscle pour renverser un taureau en train de charger et pas assez de graisse pour huiler un poêle à frire. Alors un ramassis de cul-terreux éméchés ne risquait pas de m’effrayer. Sauf qu’il me faudrait utiliser mon épée et donc sans doute en tuer un ou deux en guise d’exemple… Cela n’allait sans doute pas faciliter mes relations futures avec les autorités locales, grivèlerie et homicide sont des actes toujours mal vus, même par ici supposais-je.

Autorités locales ou pas, j’ai pour principe qu’il vaut mieux être le boucher plutôt que l’agneau. Je braquai mon arbalète vers eux mais je tentai aussi de calmer le jeu…

« On se calme, les gars ! Même si je pense que vous buter tous ne pourrait qu’aider l’humanité à progresser, je n’en veux personnellement à aucun d’entre vous… »

Il y eut un arrêt brutal dans le mouvement du groupe. Même embrumé par l’alcool, l’instinct de conservation reste aux aguets, heureusement pour eux… et pour moi ! J’indiquai un coin reculé de la pièce.

« Alors vous allez tous vous mettre là-bas, face au le mur ! Je sors et on se quitte bon amis, et sans bobos, vu ? »

Apparemment ils voyaient car ils se regroupèrent à peu près à l’endroit indiqué, y compris le tenancier.
Marchant à reculons vers la sortie, je continuais. « Très bien, et maintenant on va se dire gentiment au rev… »

A ce moment, la semelle de ma botte rencontra quelque chose de mou, un feulement strident me fit sursauter à tel point que je décochai mon carreau d’arbalète au plafond. Le chat ! J’avais marché sur la queue de ce foutu chat !! Une boule de poils et de griffes se rua sur moi, s’accrocha à ma jambe et commença à la transformer en charpie, pantalon et chair mélangés… je hurlai, je tentai de me débarrasser du monstre et ne parvins qu’à trébucher sur un tabouret à la con qui n’avait rien à foutre là !

Je m’étalai par terre et en lâchai mon arbalète, devenue d’ailleurs inutile.

« Tous dessus les gars ! », hurla un courageux anonyme.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:34


La douzaine de types se rua vers moi. Pas le temps de dégainer ! Je saisi le tabouret et, d’un moulinet, l’expédiai en aller simple dans la mâchoire du premier de ces blaireaux. J’eus au moins le plaisir d’entendre des os craquer. Mais j’étais le cul par terre et cerné de toutes parts. Un poing passa près de mon visage. Une prise de l’avant-bras, une torsion, un craquement, un cri de douleur et un des bouseux alla valdinguer par-dessus une table ! Je profitai de l’effet de levier pour me redresser.
Hé ! C’est ça d’être un pro !

Mais déjà les coups, maladroits et lâches, commençaient à pleuvoir de toutes parts. Pieds, poings et projectiles divers frappaient mes épaules, ma tête, mon ventre... Même le bagarreur expérimenté que j’étais ne pouvait les contrer tous, j’eus beau écraser un nez, casser quelques dents, déboîter une épaule et broyer sous ma botte un poignet à terre, ils étaient trop nombreux. J’évitai de justesse un coup de gourdin dirigé vers mon visage lorsqu’un un direct à l’estomac me coupa le souffle et un coup violent sur l’arrière du crâne me projeta au sol.

À genoux, les oreilles bourdonnantes, je distinguai à travers une brume rougeâtre la meute qui m’entourait, chacun le poing levé ou brandissant, qui un gourdin, qui une chope… les yeux vitreux, l’écume aux lèvres, ces moutons enragés avaient flairé le sang, c’était l’hallali.

« Pas de ça, mes salauds ! », hurlais-je.

Au diable les précautions d’usage, je tirai mon épée et lui fit effectuer un balayage latéral, mais je n’avais pas encore récupéré tous mes sens et je ratai lamentablement mes adversaires, même si le geste avait au moins eut le mérite de les éloigner.

Reprend tes esprits mon vieux Lantz ! Reprend-toi !!, implora la petite voix.

Je m’étais retrouvé dos au mur, la meute avinée hésitait face à mon épée, mais elle n’allait pas tarder à retrouver un semblant d’audace. Tant pis pour elle et tant pis pour eux tous, j’allai devoir tuer. J’estimais que si je taillais les deux péquenots les plus proches, je pourrai foncer à travers la salle et me précipiter dehors. Ensuite, à la grâce des dieux mais j’aurai eu intérêt à courir vite. Et loin…

Je mesurais encore la distance jusqu’à la porte, lorsque celle-ci s’ouvrit.

Et merde ! Sans doute du renfort pour les bouseux… Décidément, t’auras été lamentable jusqu’au bout mon vieux Lantz…, gémit la petite voix.

Mais en fait non, la porte livra le passage à la créature la plus improbable, la plus incongrue, la plus inimaginable qui eût pu être rencontrée en un pareil endroit…

Une femme.

Et quelle femme !

Elle ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans mais elle était grande et élancée, une longue cascade de cheveux noirs encadrait un visage ovale où un regard pétillant de malice souligné d’un sourire narquois semblait vous renvoyer à jamais à votre éternelle insignifiance… Mais ce n’était pas le visage qui attirait l’attention immédiate ; si l’inconnue portait une longue cape noire doublée de rouge, celle-ci représentait sans doute les neufs dixième du tissu total qui lui couvrait la peau, car il n’y avait guère en complément qu’un bustier qui mettait plus en valeur une poitrine titanesque qu’il ne la dissimulait, tandis qu’un extra-minimum d’étoffe recouvrait le reste des parties intimes. Le tout mettait en valeur un corps superbement fuselé, un ventre si plat et ferme qu’on rêverait de l’avoir comme oreiller, des jambes à vous donner le vertige et une chute de reins à se rouler par terre !

Au deuxième regard, pourtant, certains accessoires incongrus juraient un peu avec l’ensemble. Deux épaulettes en métal forgé, bardées de longues pointes acérées ornaient ses épaules, une petite tête de mort sculptée se logeait au creux de ses seins (je n’aurais jamais pensé être un jour jaloux d’une sculpture !), elle était chaussée de curieuses sandales hautes doublées d’étoffes, de longs gants noirs lui couvraient les mains jusqu’aux coudes et une épée biscornue lui battait le flanc...

Le résultat avait au moins le mérite d’annoncer un message fort et clair : ‘Attention sorcière maléfique, merci de rester poli !’

Dans la salle c’était le silence absolu. Chacun contemplait l’apparition comme s’il avait vu un fantôme, les bouches étaient si béantes qu’une mouche aurait risqué sa vie à passer à proximité, un gourdin tomba au sol dans un bruit sourd, je crois bien qu’au moins un des abrutis était tombé à la renverse et je m’attendais à entendre quelqu’un bêler à tout moment…

Pour ma part, j’avais plutôt envie de hurler à la lune !

Reprend tes esprits mon vieux Lantz ! Reprend-toi !!

Les mains sur les hanches, et quelles hanches !, la créature entra, parcouru lentement la salle, examina calmement les lieux comme si elle en avait été la propriétaire, ignora superbement la meute tétanisée et s’arrêta juste en face de moi.

De moi.

De moi, bordel !

Elle m’examina des pieds à la tête. Je jure qu’elle prit un siècle ou deux pour le faire !

Et elle me parla.

À moi.

À moi, bordel !

« Vous m’offrez un verre ? »

La voix était... étrange ! Le ton était sophistiqué, le genre classe vous voyez ? Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que cette nana venait de la haute… Mais on percevait également un fond de moquerie et de suffisance, mais aussi, et curieusement, d’irritation !

Ça produisait un effet assez curieux, mais j’eus quand même la présence d’esprit d’articuler une réponse.

« Aglufp ? »

Ou quelque chose comme ça…

L’inconnue se dirigea vers la seule table encore intacte, considéra un tabouret puis, l’ayant examiné, décida de rester debout. Elle claqua des doigts en direction du taulier.
- Servez-nous quelque chose ! N’importe quoi du moment que c’est alcoolisé et très fort. Que cela ait au moins le mérite de désinfecter le gobelet…

Je parvins à ne pas rire lorsque l’intéressé manqua de s’étouffer d’indignation. Oser insinuer que la porcherie qui lui servait de débit de boisson eût pu manquer d’hygiène ? Quelle audace ! Il confirma au monde qu’il était un abruti fini lorsqu’il répliqua d’un ton hargneux.
- Z’avez de quoi payer ?

Pour toute réponse, l’inconnue expédia d’une pichenette un objet brillant qui vint rebondir sur le comptoir avec un tintement clair. L’objet s’immobilisa. C’était une pièce d’or.
Mon premier réflexe fut de me demander d’où diable elle avait pu l’extraire.
Mon second réflexe fut de réaliser qu’elle avait fait une connerie.

Il y eut un concert d’exclamations à la vue de la pièce, c’était sans doute la première fois de leur existence que ces bouseux contemplaient la couleur de l’or. Souvent ça fait un choc. Et ça peut rendre fou, aussi. Surtout si les sujets sont à la fois passablement éméchés et congénitalement idiots.
Et ici toutes les conditions étaient remplies…

Le troupeau d’abrutis commença à échanger des regards entendus, avec le tavernier et entre eux. Des coups de coudes discrets faisaient passer le message à travers des cerveaux brumeux. Un message simple et universel chez les crétins en bande : « On se la fait ! ».
Les regards troublés par l’alcool s’enrichirent de nouvelles nuances ; l’envie, la cupidité, la lubricité et l’audace que donne l’esprit de groupe... imperceptiblement, la meute se rapprochait, nous cernait, et pourtant la mystérieuse apparition ne semblait pas s’en rendre compte. Elle restait immobile, les yeux mi-clos, comme si elle se désintéressait totalement du reste du monde…

Soyons clair, je ne suis pas un ange ! J’ai déjà commis pas mal d’actes que la morale commune réprouve. Je ne prétends pas non plus avoir toujours été un parfait gentilhomme avec les dames, mais l’idée de voir une femme succomber sous les assauts d’un ramassis de porcs lubriques m’était insupportable. Et puis j’ai horreur de la concurrence !

Je dégainai mon épée, bien décidé à découper ces salopards en rondelles ! Après tout c’était ce à quoi j’étais occupé lorsque la belle inconnue avait commis l’erreur d‘entrer ici, ça n’aurait pas trop changé mes plans et peut-être aurait-elle su me prouver sa reconnaissance, après coup... ce genre de choses arrivait, n’est-ce pas ?

Et soudain !

« Bomb di Wind ! », cria l’inconnue.

À ces mots, l’air se mit à trembler et onduler autour d’elle, comme s’il avait été chauffé par une flamme. Je n’eus pas le temps de dire ‘ouf’ qu’un phénoménal coup de poing invisible me frappa de plein fouet, me souleva du sol et m’envoya percuter à pleine force le mur derrière moi. Avant de tomber dans les vapes, j’eus à peine le temps d’entrevoir l’onde de choc balayer les autres abrutis et les expédier à travers la brèche béante découpée dans le murs de bois et de torchis situé derrière eux, je vis également le bar se faire réduire à l’état de copaux et, petit plaisir personnel, l’immonde greffier miaulant se faire éjecter par le trou informe laissé par une fenêtre défunte…

J’étais retombé face contre terre, mes oreille bourdonnaient, les cloches carillonnaient sous mon crâne, j’avais un gout dégueulasse de terre et de purin dans la bouche, lorsqu’une poigne de fer me souleva par l’épaule...

« Venez ! », me dit une voix. « Allons boire ailleurs… »

★★★
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:34

- Donc, vous vous appelez Lantz et vous êtes mercenaire. Résuma la superbe inconnue assise en face de moi, en reposant sa chope.

Nous étions installés dans l’unique auberge d’une bourgade située à quelques lieues du village de Fora que nous avions quitté assez précipitamment. La bourgade s’appelait Tansgres. Je le signale au profit de ceux qui seraient tentés de venir vérifier eux-mêmes qu’elle est dépourvue de tout intérêt à part se situer au nord-est de l’Alliance des états côtier, sur un col de montagne où passait une route reliant les royaumes de Seillune et de Ralteague, position géographique qui lui valait de recevoir régulièrement des voyageurs égarés... N’allons pas en dire que du mal, c’était calme…

- Ouaip ! Répondis-je, en reposant ma propre chope. La bière était correcte, c’était déjà ça. D’autant que ce n’était pas moi qui payais, j’en aurais été bien incapable de toute façon… « Mercenaire entre deux engagements, si vous voulez tout savoir. » J’hésitais à continuer, mais puisque nous en étions aux présentations... « Et vous ? Vous êtes qui ? »

L’inconnue se rengorgea en un très beau mouvement qui ressortir ses… enfin, sa silhouette ! Elle se leva d’un bond et pris une pause avantageuse. Vraiment je ne m’en lassais pas.
- Ah ! Je suis une sorcière en quête d’aventures et de bonne fortune, crainte et redoutée de tous, même par ma seule rivale en ce monde ; Lina Inverse !

Ouais, ouais, ouais... je voyais à quoi j’avais affaire : une apprentie sorcière qui avait des illusions de grandeur et qui se donnait un genre. Bon, pour ce qui était d’une aventure j’étais disposé à lui donner satisfaction quant elle l’aurait voulu, mais le truc avec ‘Lina Inverse’ était de trop ! Bon sang, tout le monde a entendu parler de Lina Inverse ! Tout le monde raconte tout et n’importe quoi au sujet de Lina Inverse ! On dit qu’elle est la déesse de la destruction, le fléau des bandits et des dragons, et je ne sais trop quelles autres conneries ! On rencontre dans les tavernes des tas de types qui prétendent connaître Lina Inverse et même avoir combattu Lina Inverse !
Ce sont tous des menteurs ! Quiconque tente de combattre Lina Inverse ne survit pas à la rencontre ! Je le sais parce que je fais partie des rares personnes à avoir réellement rencontré Lina Inverse, à l’avoir vue à l’œuvre et avoir survécu pour le raconter. Et surtout je me suis tiré tout de suite après pour que cette survie soit durable. Parce que Lina Inverse est une calamité ambulante !
En général, j’avais un moyen infaillible de démasquer les imposteurs, en les faisant parler de ‘leur’ version de Lina Inverse. C’est généralement amusant. Je lançais d’un air détaché.
- Ah ouais ! Lina Inverse. J’en ai entendu parler. Une grande guerrière baraquée, aux longs cheveux roux flamboyants et armée d’une grande épée noire qui serait en fait un démon déguisé, c’est ça ?

L’inconnue se figea, me regarda droit dans les yeux, prouvant par là son désarroi, donc sa fausseté ! Allons, je comprenais et j’étais tout à fait disposé à passer l’éponge sur ce mensonge, et même à la consoler de s’être fait prendre. C’est alors qu’elle fit la seule chose à laquelle je ne me serais jamais attendu.

Elle éclata de rire !

Et quel rire, mes aïeux ! C’était un hennissement de cheval ! Non ! D’un troupeau de chevaux ! Et des chevaux lancés en pleine cavalcade qui vous auraient foncé dessus ! En un éclair, je revécu en pensée la charge de cavalerie ennemie qui m’avait surpris un jour avec des compagnons mercenaires, c’était la même sensation d’une vague montante et du martèlement des sabots dans la terre dont l’onde de choc se répercutait dans ma poitrine en une série de battements sourds. Le résultat était le même, je fus pris d’un tremblement irrépressible, mes dents s’entrechoquèrent et un mal de crâne lancinant commença à me vriller les tympans...

« Hooo, ho, ho, ho, ho !! »

J’envisageai sérieusement de me trancher la gorge pour mettre fin à mon supplice lorsque, miséricordieusement, elle cessa !

- Vraiment, Monsieur Lantz, croyez-vous vraiment pouvoir me tromper, moi, Naga le Serpent Blanc ? Votre description de Lina Inverse est si ridiculement pitoyable que personne ne vous croirait, jamais ! Elle avait pointé sur moi un doigt accusateur et, sans même prendre conscience que l’intégralité des clients et du personnel de l’auberge nous observaient d’un air ahuri, poursuivit son monologue. « Si vous l’aviez réellement rencontrée, vous sauriez que Lina Inverse est une petite brunette hystérique, caractérielle et violente, à la poitrine déprimée ! Hooo, ho, ho, ho, ho !! »

Le mal de crâne me vrilla à nouveau la tête mais, bon sang, la description était correcte ! Ce pouvait-il que cette foldingue eusse réellement rencontré Lina Inverse ? Non ! Impossible ! Jamais la Lina Inverse que j’ai connue n’aurait supporté un pareil ouragan auditif plus de cinq secondes avant de le vaporiser ! Mais pour l’instant j’avais des préoccupations plus urgentes... Des clients commençaient à se lever et quitter les lieux. Je levais la main pour demander grâce.

- D’accord ! D’accord ! Vous avez sans doute raison, j’ai dû faire une erreur ! Mais pourriez-vous cesser de rire, par pitié, et me dire pourquoi vous êtes intervenue dans cette taverne à Fora ? Qu’est-ce que vous me voulez, bon sang ?

Elle se tut. Silencieusement je rendis grâce aux dieux. Elle se rassit, commanda une autre bière et me répondit sur le même ton qu’on aurait pris pour parler du temps qu’il fait.
- Je cherchais quelqu’un. Je pensais le trouver à Fora, mais ce n’était pas lui… c’était vous.

J’étais vachement avancé, là.
- Mais puisque c’était moi et pas lui, pourquoi être intervenue et pourquoi m’avoir embarqué sans préavis ?

Elle vida sa chope d’un trait avant de la reposer.
- Parce que vous avez un sacré braquemart, Monsieur Lantz !

Wouah ! Là, au moins c’était direct et sans fioriture ! C’était le genre de nana qui démarrait au quart de tour ! Ça me plaisait ! Bon, eh bien il ne restait plus qu’à conclure...
- Ah vous avez remarqué ! Notez que le reste ne vous décevra pas non plus et...

Mes paroles moururent dans ma bouche lorsque le regard de cette ‘Naga’ se fit soudain aussi froid que celui du serpent dont elle prétendait porter le nom... « mais on ne parle peut-être pas de la même chose… » Terminai-je dans une espèce de couinement…

Elle poussa un soupir et frappa du poing sur la table.
- Je parle de l’épée que vous portez au côté, Monsieur Lantz !

Ah ! C’était donc ça ! Oui, je portais une épée et une dague, elles étaient assorties et elles avaient effectivement une apparence propre à interpeller tout utilisateur de magie. J’ai déjà signalé qu’elles avaient des lames d’acier noir, solides et bien affûtées. Supérieurement affûtées, en fait, au point que les manipuler sans raison était hors de propos car trop dangereux ! Dernier détail, le fil de leur lame ne semblait pas être affecté par l’usure. En fait elles étaient toutes entières faites du même métal noir, poignée et garde incluses, et recouvertes de runes qu’un sorcier que j’avais un jour consulté dans une ville m’avait affirmé être des runes nécromantiques. Selon lui, les gemmes en onyx qui ornaient leur garde et leur poignée contenaient divers charmes dont il n’avait pas été en mesure de me préciser la nature sans un examen plus approfondi...
Sûr que c’était un sacré braquemart. Et c’était aussi le début de mes emmerdements ! Mais franchement je n’envisageais pas d’en discuter avec une dingo surgie de nulle part. Je suis d’un naturel prudent...

- Et en quoi ça vous concerne ?

J’avais pris un ton hargneux, en espérant la décourager, mais elle continua son discours comme si elle n’avait rien remarqué...

- C’est une épée nécromantique d’un genre plutôt rare, Monsieur Lantz, c’est précisément sa nature qui m’a induite en erreur et m’a conduite jusqu’à vous ! Non seulement ce n’est pas la bonne cible, mais en plus vous m’avez fait perdre mon temps !

Je n’y pigeai rien du tout. Comment savait-elle que c’était une épée nécromantique et de quelle manière l’avais-je induite en erreur ?
- Euh ? Moi ?

Elle pointa un doigt accusateur vers moi.
- Oui vous ! Avouez que vous avez accepté de servir de leurre pour que Callidus, votre complice, puisse s’enfuir avec le Sceptre des âmes ! Avouez votre crime et je saurai me montrer clémente à votre égard !

★★★
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:35

Plusieurs minutes s’écoulèrent avant que mon cerveau accepte de redémarrer en mode normal… Mais, par les dieux, de quoi parlait cette folle ? Je dus la fixer assez longtemps avec le regard vide car elle montra quelques signes d’impatience…

- Eh bien ? Êtes-vous disposé à vous rendre ?

Je levais les deux mains et à vrai dire j’étais très tenté de me lever et filer à toute vitesse pour échapper à cette maboule, mais la petite voix au fond de mon crâne me souffla que ç’aurait été une très mauvaise idée et que cette folle devait parfaitement avoir les moyens de me rattraper, et me pourrir l’existence pour le compte. Je n’avais pas le choix, il me fallait la convaincre.

- Écoutez, je suis absolument désolé mais je n’ai absolument pas la moindre idée de ce dont vous parlez. Je ne connais ni de Callidus, ni un quelconque Sceptre des âmes...

Elle balaya mes protestations d’un revers de main, se leva d’un bond, sans cesser de pointer son index vers moi.

- Ha ! N’essayez pas de tromper Naga le Serpent blanc avec vos dénégations puériles ! Je sais que vous avez tenté de m’aiguiller sur une fausse piste afin de toucher la prime !

La grande salle était désormais totalement vide, seul l’aubergiste nous observait, l’œil aux aguets et visiblement nerveux… On l’aurait été à moins. Mais cette ‘Naga’ avait prononcé un mot intéressant ; elle avait parlé de prime… Et ça, c’était un domaine que je savais gérer.

- Sûr, ricanais-je. Une prime pareille mérite bien qu’on fasse quelques efforts et qu’on se montre inventif, s’pas ?

Elle se rengorgea. Non, vraiment je ne m’en lassais pas. Et énonça à la cantonade.

- Je m’en doutais ! Vous avez décidé de me mettre hors-course pour récupérer vous-même le Sceptre des âmes, arrêter Callidus et le ramener à la Guilde des sorciers de Prokiam pour toucher la récompense de dix mille pièces d’or !

Tiens donc ? Prokiam ? Cette grande ville du royaume de Ralteague située non loin de la frontière du royaume de Lyzeille ? Passionnant, vraiment ! Je décidais de pousser un peu.

- Il faut dire que ce Callidus est un individu retord…

Elle poussa un petit soupir de mépris.

- Ah ! Vous plaisantez ? C’est un simple étudiant en première année qui était sur le point de se faire exclure pour inconduite de la Guilde de magie de Prokiam. Il s’est enfuit après avoir dérobé le Sceptre des âmes dans les réserves interdites de la Guilde.

- Oh ? Un objet puissant entre les mains d’un débutant, en somme ?

- Précisément… Et c’est pour cela que nous devons l’arrêter, et vite !

- Comment ça, ‘nous’ ? Je croyais que vous pensiez que j’étais complice de ce type…

Elle éclata encore de rire épouvantable. Je me bouchais les oreilles de justesse !
- Hooo, ho, ho, ho, ho !! Voyons Monsieur Lantz, je prêchais le faux pour savoir le vrai, tout simplement ! Il est évident que vous ne connaissez pas ce Callidus.

Ouais, bien sûr ! Et toutes les infos qu’elle m’avait lâchées c’était juste histoire de prêcher le faux pour savoir le vrai, aussi ? Mais bon, je m’en moquais bien ! J’avais assez traîné dans le coin et j’espérais encore mettre quelques lieues entre moi et cet endroit avant la tombée de la nuit. Je me levais et saluai.

- Bon, hé bien merci pour le verre et pour votre intervention de ce matin, mais je dois y aller. Et bonne chance dans votre chasse au fugitif...

Elle ne fit même pas mine de me retenir. Elle se rassit et se tint les coudes posés sur la table, les mains jointes devant la bouche et les yeux fermés. J’allais me mettre en marche lorsque sa voix m’arrêta net.
- Vous ne pouvez pas partir, Monsieur Lantz.

Ça avait été énoncé d’un ton très calme, et dit comme ça, ça sonnait surtout comme une menace subtile... je posai la main sur le pommeau de mon épée avant de lui faire face d’un bloc.
- Ah non ? Et qu’est-ce qui m’en empêche ?

Elle ouvrit les yeux et plongea son regard droit dans le mien.
- Je vous l’ai dit ; votre sacré braquemart.

Elle avait les yeux très bleus, mais ça n’expliquait pas cette obsession pour mon épée.
- Mais c’est une idée fixe ou quoi ?

Elle demeura immobile, sans même changer de ton.
- Non, c’est juste que je sais reconnaître l’épée et la dague d’Aazchar le Seigneur liche quand je les vois. A vrai dire, je les croyais perdues en même temps que la dernière adresse de leur créateur et propriétaire...

Là, je sursautai ! Mais, bordel, comment avait reconnu ces armes ? Ce n’était pas non plus comme si on les avait proposées en catalogue !
- C’est pas votre problème..., grognais-je.

Elle demeura de marbre.
- Non, certes ! Mais c’est un problème pour vous que d’avoir à subir les effets d’objets maudits...

Je tressailli. Ça aussi ce n’était pas de notoriété publique.
- Comment savez-vous ça ??

J’avais fait de mon mieux pour paraître hargneux. En retour elle étouffa un bâillement.
- Monsieur Lantz, j’ai beaucoup étudié la question et je pense en savoir assez long sur les objets légendaires, et ceux-ci en sont de la plus belle eau. De plus votre état témoigne que vous avez passé l’essentiel de ces derniers temps à fuir… je me trompe ?

Là, j’avoue que je ne m’attendais pas à ça ! C’était quoi cette nana qui vous donnait l’impression, de planer sur un nuage et qui d’un seul coup se réveillait et vous balançait un trait de génie en pleine tronche ? Je ne pus qu’acquiescer faiblement.
- Non...

- Alors je vous propose un marché ; vous m’aidez à ramener Callidus et le Sceptre des âmes à la Guilde des sorciers de Prokiam, je touche l’intégralité de la récompense et en échange je vous aide à vous défaire de la malédiction. Ça vous va ?

- Et pourquoi feriez-vous ça ?

Elle eut un petit sourire en coin.
- Pour l’argent, Monsieur Lantz. Ainsi, cela m’évite d’avoir à partager la récompense...

C’était minable, comme argument. Et surtout ça sentait l’arnaque à plein nez. Elle n’espérait quand même pas me voir accepter ça, non ? Pourtant si c’était vrai… Je tentais un coup de sonde.

- Et qu’est-ce qui me prouve que vous seriez capable de lever la malédiction ? Tous les sorciers que j’ai consultés s’en sont montrés incapables !

- Hooo, ho, ho, ho, ho !! Voyons Monsieur Lantz, il est évident que ces sorciers étaient des minables dont aucun n’avait les connaissances phénoménales de Naga le Serpent blanc dans le domaine des artefacts de légende !

Son rire de cheval m’avait refoutu mal au crâne. Merde ! Mais c’était pas humain ça ! Tant pis pour elle ! J’avais décidé de ne pas me montre coulant ; elle allait douiller !

- Ça ne suffit pas ! Si vous échouez à me défaire de la malédiction dans un délai de trois mois vous me donnerez l’intégralité de la récompense de dix mille pièces d’or.

Elle sursauta comme si une guêpe l’avait piquée.
- Un dixième !

Elle rêvait ou quoi ? C’est un partage que j’exigeais, pas une aumône !
- Les trois quart. Être en cavale, ça coûte cher.

Elle croisa les bras, l’air buté.
- Un cinquième.

- La moitié !, Insistai-je.

Toujours les bras croisés, elle fixait obstinément le mur d’en face.
- Un quart, Monsieur Lantz ! C’est mon dernier mot !

Il y eut un long silence. Elle avait vraiment l’air décidée à ne rien lâcher de plus. Tout bien pesé, un quart de dix mille pièces d’or c’était sacrément bon à prendre, mais c’était un objectif lointain et incertain. J’envisageai de demander une avance mais je me ravisai, car si elle tenait parole je devrai la rembourser...
- D’accord, mais tant qu’on bosse ensemble vous payez les frais de voyage quoi qu’il arrive ! Et pas de radinerie, hein ?

Toujours les bras croisés, elle daigna incliner la tête dans ma direction, et je dois dire que ça mettait son joli visage en valeur, et me lança un regard oblique.
- Bien ! Mais considérez ceci : on ne ‘bosse’ pas ensemble, c’est moi qui dirige les opérations ! Ensuite, je ne suis pas inquiète, je lèverai la malédiction et je n’aurais pas à vous donner un sou. Alors ? Marché conclu ?

J’en doutais, aucun des sorciers que j’avais consultés n’avaient pu lever la malédiction, je ne voyais aucune raison pour qu’elle fît mieux… Mais enfin qu’avais-je à perdre à essayer ?
- Marché conclu…, répondis-je.

Elle frappa du plat des deux mains sur la table et se leva.
- Bien ! Dans ce cas vous pouvez m’appeler ‘patronne’ !

J’avais déjà donné bien des noms à bien des femmes, certains affectueux d’autres nettement moins élogieux, mais le mot ‘patronne’ n’en avait jamais fait partie. Dans le cas de cette femme-là, j’étais moins sûr que jamais de vouloir l’appeler ainsi, alors je restais évasif…
- Ouais, sûr... en attendant vous décideriez quoi ?

Elle hésita un instant, puis se rassit et s’empara du menu qui traînait sur la table.
- Il fera bientôt nuit, alors ce soir on dîne et on dort ici. Départ demain à l’aube.

Ça me convenait.

★★★

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:35


Ils étaient là.

Pas loin. Ils étaient entrés dans l’auberge et rôdaient dans le couloir. J’avais les yeux fixés sur les ténèbres du plafond. Je les sentais. J’avais l’habitude, maintenant. Bordel ! Pourquoi est-ce que je n’avais pas mis les bouts alors qu’il en était encore temps ? ‘Parce que la perspective d’un bon repas et la possibilité de passer la nuit dans un vrai lit étaient trop tentantes’ répondit la petite voix dans ma tête...

Ta gueule ! Lui répondis-je sur le même mode.

Je me levai et dégainai mon épée. Cette putain d’épée noire, source de puissance et de tourment. Il y avait des jours où je la haïssais. Et il y avait des jours tous les jours...

Il faisait glacial ! Je balayai la pièce du regard. Du givre s’était formé à la lucarne de ma chambre, sous le toit. Du givre au printemps ! Au moins ces spectres avaient de l’humour... J’expirai doucement. Mon souffle créa un nuage de condensation, j’avais la chair de poule, ils n’allaient plus tarder…

Maîtrise-toi, Lantz, maîtrise-toi !!

« Allez ! Pointez-vous tas de fumiers ! Je vous attends ! » J’avais parlé tout haut, c’était sans doute pour me donner du courage. Ça aurait pu marcher si en même temps je n’avais pas tremblé des pieds à la tête…

Une brume blanche recouvrit le sol de ma chambre, elle s’infiltrait de sous la porte, elle s’élevait en colonnes et ses colonnes prenaient formes… C’étaient des formes vaguement humanoïdes avec des visages lisses et des sourires déments, et leurs yeux étaient de simples trous noirs. Je ne sais pas trop comment je trouvai le courage de frapper, mais je le fis ! Ma lame trancha dans la première apparition qui se dispersa en quelques volutes de fumée Les autres ombres ne semblèrent pas être très impressionnées, elles se rassemblèrent et me cernèrent dans un silence de mort... littéralement ! Je sentis comme une boule de glace se former dans mon estomac, un frisson me parcouru des pieds à la tête et mes dents se mirent à jouer des castagnettes ! À moitié paralysé par la trouille, je les frappais frénétiquement ! Chaque fois que mon épée touchait une ombre, elle s’évanouissait dans le néant pour être remplacée par deux autres, puis trois, puis quatre, puis... puis je ne sais plus combien !
Malgré toute la rage que je mettais dans mes attaques, je fus vite cerné. Sans un bruit, les ombres m’effleuraient, me touchaient, me palpaient ! Leur contact semblait être de gel, le froid me brûlait la peau, mes mains tremblaient ! Finalement, comme obéissant à un signal silencieux, elles se jetèrent toutes sur moi en même temps ! Ce fut comme si j’avais été jeté dans un sombre lac de glace, tout devint noir autour de moi. Je frappais, hurlais, maudissais, mais rien n’y faisait ! Une sensation de raclement dans ma gorge m’indiqua que j’avais sans doute hurlé.

Pourtant je n’entendis rien.

★★★

« Revenez, Monsieur Lantz ! Réveillez-vous ! »

Une sensation de brûlure aux deux joues. Je venais de me prendre une paire de gifles ! J’étais couché sur le dos, je sentais dans mes reins les rainures du parquet de ce qui devait être ma chambre, j’avais les tempes douloureuses et je reconnu la sensation que laisse un filet de bave vous coulant sur le menton.

J’ouvris les yeux…

La sorcière était penchée vers moi et... il fit soudain très chaud dans la pièce ! Voyez-vous, si certains dorment en pyjamas, d’autres dorment en nuisette très transparente et la vision qui s’offrait à moi avait quelque chose d’hallucinant !

Maîtrise-toi, Lantz, maîtrise-toi !!

Elle dut lire quelque chose dans mon regard car je récoltai une paire de baffes supplémentaire.
Nettement plus appuyées que les deux précédentes !

Je bredouillai.
- Gneuh ! Vous voulez m’achever ou quoi ?

- C’était pour être certaine que vous alliez mieux, Monsieur Lantz ! Ce qui semble être le cas.

Je me relevais en tentant de lutter contre un mal de tête lancinant.
- Où sont les spectres ?

- Quels spectres ? Oh ça ? Juste des misérables ombres venues du cimetière voisin. Rien de bien méchant et rien qui puisse inquiéter Naga le Serpent blanc, rassurez-vous !

- Et… et maintenant ?

- Il ne se passera plus rien cette nuit. Retournez vous coucher, nous partons demain à l’aube.

- Mouais…

Avant de quitter ma chambre, elle s’immobilisa et se retourna, sa silhouette se découpait parfaitement dans l’encadrement de la porte. Elle m’adressa un sourire narquois.
- Et faites de beaux rêves, Monsieur Lantz...

★★★

Nous avions quitté Tansgres au petit matin et nous marchions depuis plusieurs heures. J’ignorais pour quelle destination. Dès le début, la sorcière était partie devant avec l’air d’avoir un objectif bien précis en tête et je l’avais suivi. A cette altitude l’air était frais mais le rythme de marche qu’elle nous imposait m’avait fait pas mal transpirer. Elle était montée sur ressorts ou quoi ? Et la marche forcée ne l’empêchait pas de parler, puisque ce fut elle qui rompit le silence.
- Vous êtes bien silencieux, Monsieur Lantz.

Je trébuchai sous le poids de mon sac à dos. Ais-je précisé que c’était moi qui me coltinais les bagages ? Non ? Ben c’est fait !
- Ah ouais ? Ça doit avoir un rapport avec le fait que j’ai pas envie de parler !, grognais-je.

Comme je m’y attendais elle répondit à côté de la plaque. Ça devait être un don.
- Vous ne voulez pas parler de ce qui s’est passé cette nuit ?

Voyons, voyons… est-ce que ça vous amuserait d’évoquer un cauchemar récurrent depuis des mois où des fantômes bien réels vous attaquent au beau milieu de la nuit pour s’emparer de votre âme ? Mais comment donc ! Ça serait l’occasion de se marrer un peu !
- Ouais ! Un truc comme ça !, grommelais-je.

J’espérai que le ton de ma réponse avait été assez clair pour faire comprendre que ce sujet m’ennuyait. Apparemment ce fut le cas puisqu’elle passa à autre chose…
- Alors si vous me parliez de cette épée ? Comment avez-vous mis la main dessus ?

Je soupirai. Finalement, je me demandai si je ne préférais pas lui raconter par le menu plusieurs mois de cavale avec des morts-vivant aux trousses. D’un autre côté, elle voulait savoir ? Eh bien elle allait savoir !
- Je vais vous la faire courte. Il y a quelques temps des érudits de la Guilde de sorciers d’une ville dont je tairai le nom ont recruté des mercenaires pour explorer le tombeau d’Aazchar le Seigneur liche dont ils avaient retrouvé la trace en fouinant dans des parchemins oubliés, et qui auraient mieux fait de le rester. C’était un boulot très bien payé. Mais pas assez, en fin de compte ! Qu’il suffise de dire que l’occupant des lieux, j’ai nommé Aazchar le Seigneur liche, n’était pas aussi mort qu’on le pensait et il avait même tout plein de petits copains avec lui ! Au final, par un miracle que je ne m’explique pas, j’ai réussi à récupérer cette épée et cette dague dans la salle du trône où le vieux monstre nous avait piégés et j’ai pu me tailler en urgence un chemin vers la sortie. Moi seul. Tous les autres y sont restés ! Depuis, j’erre dans tous les coins imaginables sans pouvoir rester plus de quelques jours avant de me faire rattraper par un fantôme, spectre, revenant ou autre, appelez ça comme vous voulez ! Voilà ! Fin de l’histoire ! Pour les détails revenez me voir dans ma chambre vers deux heures du matin lorsque je me réveille en hurlant après m’en être remémoré un !

D’expérience, je sais qu’à ce stade du récit, les gens commencent généralement à se rappeler un rendez-vous urgent et s’éclipsent plus ou moins dignement. Pourtant, elle se contenta de répondre sur le ton de qui prend le thé en bonne société.
- C’est assez ennuyeux, en effet.

Ennuyeux ? Je rêvais ou bien elle se foutait de moi ?
- Ah bah chuis bien content de voir que ça vous affole, merci ! Je me sens mieux tout d’un coup, là…

Sans même réagir à ma sortie, ni même me regarder, elle poursuivit.
- Puis-je vous poser une autre question, Monsieur Lantz ?

- Mais comment donc ! Allez-y ! Au cas où vous n’auriez pas noté, c’est mon jour de confession aujourd’hui ! Vous voulez savoir quoi ?

- Pourquoi ne vous êtes-vous pas débarrassé de ces objets, Monsieur Lantz ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:36

Ah… ça ! C’était la question à mille pièces d’or ! Le plus drôle était que je ne me l’étais jamais posée directement et, assez curieusement, je ne découvris la réponse qu’au fur et à mesure que je l’énonçais...
- Il y a plusieurs mois de cela, j’ai affronté un démon, un mazoku en fait. C’était un vrai. Un gros. Un vraiment gros. Le genre de vraiment gros qui vous grille un homme sans même y faire attention, vous voyez ? Un monstre ! Seulement, ce monstre, c’est moi qui l‘ai buté, en fin de compte ! Pour de bon ! Fini ! Terminé ! Circulez y’a rien à voir ! Mais pour ça j’ai dû utiliser… une épée ! Une épée du genre un peu beaucoup très spéciale, vous voyez ? Une épée qui a été détruite ensuite… Le truc, c’est que quand j’ai buté ce monstre, j’ai ressenti un sentiment... extraordinaire, vous voyez !? Comme si je m’étais purgé, lavé de toutes mes peurs et de toutes mes lâchetés. Alors en récupérant les armes d’Aazchar le Seigneur liche, j’espérais avoir mis la main sur des objets légendaires qui me permettraient de… de redevenir un héros, je suppose… Mais au final, j’ai juste mis la main sur un paquet d’emmerdements. Je ne suis même pas sûr que si je me débarrasse de l’épée et de la dague, la malédiction me lâchera...

Elle fit un geste négligent de la main, comme pour balayer mes craintes.
- Bah ! On va s’occuper de ce petit problème, ensuite vous serez tranquille...

C’était toujours énoncé sur ce ton badin qui me hérissait. Le genre à dire ‘Ho ! bonjour il y a une malédiction ? Bien, bien, on va s’en occuper demain matin. Et vous faites quoi demain après-midi ?’. Mais pour qui se prenait-elle, bordel ? ‘Elle se prend pour quelqu’un qui, la nuit dernière, t’a débarrassé d’une meute de fantômes sans même transpirer’ me répondit la petite voix. Ta gueule ! Lui répliquais-je. Mais elle n’avait pas tort, alors je préférai changer de sujet…

- Dites-voir, puisqu’on semble bien partis pour jouer au jeu des questions-réponses, je peux aussi vous en poser une ?

Elle se retourna avec le sourire mi-charmant mi-narquois que je commençais à lui connaître.
- Bien sûr, Monsieur Lantz, je vous écoute.

- Où va où, là, exactement ?

- Eh bien nous suivons la piste du Sceptre, tout simplement...

- Hein ?

- Ah, c’est vrai vous ne pouvez pas voir, alors je vais vous montrer.

La sorcière se figea et resta les yeux grands ouverts fixés vers l’horizon. Il me fallut quelques instants pour réaliser qu’elle était en train de réciter quelque chose à mi-voix. Elle termina sur deux mots que je ne compris pas puis étendit la main vers mon visage, j’eus un mouvement de recul, mais elle me dit simplement « ne bougez pas », m’effleura du bout des doigts la joue juste derrière l’œil et ajouta « comme ça vous verrez aussi ».

Et en effet je vis…

Une petite flamme bleutée, pas plus grosse qu’une pomme de pin et presque translucide, était apparue à trois pas devant nous. Je ne pus m’empêcher de crier

- C’est quoi, ce truc ?

- Une flamme-guide. C’est un pisteur astral verrouillé sur la trame de l’objet que nous cherchons. Normalement c’est visible seulement pour le lanceur du sort mais j’ai fait en sorte que vous le voyiez aussi…

- La trame ? C’est quoi ce truc ?

- Tout artefact magique est doté d’une série d’enchantements spécifiques dont la combinaison constitue un ensemble unique qui devient sa signature, on appelle ça sa trame. Mieux on la connait, plus il est facile de la pister via un sort de magie astrale, y compris sur de grandes distances. Dans le cas présent, et faute d’informations plus précises, je me cale sur un objet bardé de pouvoirs nécromantiques très puissants…

- Je comprends, maintenant. C’est comme ça que vous m’êtes tombée dessus.

- Exactement, Monsieur Lantz. Je cherchais un objet nécromantique puissant et j’en ai bel et bien trouvé un, même si ce n’était pas le bon.

- Et on fait quoi, là ?

- Là ? On suit la flamme bleue…


★★★

Briamont était sens dessus-dessous. C’était un gros bourg au centre duquel se dressait le château fort du seigneur local. Le seigneur en question, vieux baron bedonnant à la calvitie prononcée et à la barbiche débonnaire, arpentait la place centrale du patelin, entouré de ses gardes et sans doute de la moitié des péquenots du coin. Le motif ? Tout simplement qu’en moins d’une heure l’usurier, l’orfèvre et deux riches marchands avaient été attaqués dans leur propre demeure par un seul voleur, sans que personne n’ait rien remarqué.

Nous étions arrivés depuis moins d’une demi-heure, mais il ne nous fut pas difficile de reconstituer les évènements en écoutant ce qui serait sans doute le principal sujet de conversation local des six mois à venir. Pour faire court, le voleur avait demandé audience à ses victimes, leur avait brandi sous le nez un curieux bâton en métal noir, sculpté de runes et là... Pouf ! Plus rien ! Les plaignants ont repris conscience devant leurs coffres vides, délestés également de leurs bijoux et autres objets de valeurs, sans y avoir rien compris.

Le baron écoutait sans doute pour la dixième fois une variante du même récit. Cette fois c’était l’aubergiste qui avait logé un voyageur, lequel n’avait payé ni le gîte ni le couvert, mais c’était en plus enfui avec la caisse ! Là aussi, un curieux bâton noir avait été aperçu par la victime avant qu’elle ne plongeât dans l’inconscience…

Le baron leva la main pour réclamer le silence puis s’adressa solennellement à la populace. Je passe sur le discours, que l’on peut résumer par ‘N’ayez crainte bonnes gens, tout sera mis en œuvre pour châtier le coupable et vous restituer vos biens ! Pendant que l’enquête suivra son court, nous feront appel à toutes les bonnes volontés !’ . Une fois traduit cela donne ‘Je suis totalement dépassé par les évènements et je ne vois pas du tout ce que je pourrais faire. S’il y a parmi vous un volontaire avec une solution, qu’il se fasse connaître et on pourra discuter !’.

C’était un message tellement convenu que la foule le perçu parfaitement. De toutes parts, le ton montait, les esprits s’échauffaient on saisissait des bribes de conversations de plus en plus remontées ; « Il ne fait donc rien ? », « Qui pourrait nous aider ? », « Moi à sa place… », tandis que des imaginatifs décrivaient avec forces gestes des façon novatrices de traiter les voleurs, par des méthodes éprouvées à base d’écartèlement et autre joyeusetés.

Mais aucune des tortures envisagées ne fut pire que ce qui se passa.

Le rire de Naga le Serpent blanc retentissant au beau milieu de la place.

« Hooo, ho, ho, ho, ho !! »

Dans le silence sidéré qui suivit, elle fendit la foule avec assurance et alla se planter devant le baron, le toisant de toute sa hauteur.
- Ne me faites pas rire ! Personne dans ce patelin minable ne peut rattraper un voleur doté d’un tel objet de puissance ! Mais moi, Naga le Serpent Blanc, je peux le faire !

Une expression extatique naquit sur le visage du baron. Il joignit les mains et s’exclama
- Vraiment ? Vous pourriez ? Oh merci ! Merci ! Merci !

La sorcière se pencha vers lui et poursuivi sur le ton de la conversation.
- La question étant : combien êtes-vous disposé à payer ?

Le baron se décomposa sur place. Son visage exprimait la plus complète incrédulité…
- P… payer ?, bredouilla-t-il.

- Bien sûr !, répondit la sorcière. Mais vous savez bien que rien n’est gratuit en ce bas monde. Je crois avoir entendu quelqu’un évaluer le butin à deux cent pièces d’or. Je me contenterai d’en garder la moitié.

- Plus les frais, lui glissais-je.

- Plus les frais !, ajouta-t-elle à l’attention du baron.

Celui-ci tenta de rappeler qu’il représentait l’autorité locale et, face à la montée des murmures outrés dans la foule, essaya de faire preuve d’un peu de mordant.
- Et... imaginons que je refuse ?

Une vague de commentaires appréciateurs parcouru l’assistance. Tous semblaient acquiescer à ce semblant de fermeté de la part de leur seigneur et maître, mais la sorcière ajouta très calmement.
- Dans ce cas je m’en vais ! Et de toute façon, je rattrape le voleur, comme telle est mon intention, et je garde tout !

Cette fois une vague de commentaires furieux parcouru la foule. Les principales victimes des vols avaient vu leurs trognes virer au rouge vif et elles hurlaient leur désapprobation totale à ce mode de rémunération !

Le baron leva la main. Petit à petit le silence ce fit. « Bien ! », commença-t-il, « qui parmi vous est volontaire pour partir à la poursuite du voleur ? ». À ces mots, la foule fit preuve d’un mutisme si prolongé que je me senti gêné pour elle. Personne ne manifesta, quelques prévoyants quittaient les lieux sur la pointe des pieds, pour le cas où des volontaire eussent été désignés d’office, et le baron conclut « Bien ! En ce cas la proposition de cette… heu, ‘Nada’ est acceptée ! Et maintenant rentrez chez vous ! Tous ! Ou je fais donner la garde ! ».

Deux minutes plus tard la place était vide.

★★★
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:36


- Franchement c’est minable ! J’avais lancé ces mots alors que nous marchions sur une mauvaise route après avoir quitté Briamont. Je n’espérai pas de réponse, pourtant j’en eus une.

- Je suis bien de votre avis, Monsieur Lantz. Utiliser un objet d’une puissance telle que le Sceptre des âmes pour braquer des miteux dans un patelin perdu, c’est pratiquement une insulte faite à la magie toute entière !, me répondit la sorcière.

Tandis qu’en profiter pour leur taxer la moitié du butin c’est honorable, peut-être ? Je le pensais, mais je m’abstins de tout commentaire. Je préférai rebondir sur sa réaction première.

- Mais comment s’y est-il pris, au juste ? Et c’est quoi ce Sceptre des âmes, finalement ?

- Vraiment, vous ne le savez vraiment pas ? Le Sceptre des âmes est un artefact nécromantique très ancien qui a appartenu à un antique roi-sorcier dont l’Histoire a oublié le nom. Ses pouvoirs sur les morts et les âmes sont énormes, c’est pour ça que la Guilde des sorciers de Prokiam le gardait sous clé. Il peut relever les morts, appeler des spectres et, naturellement, les commander. Tout sorcier doté de cet objet pourrait immédiatement lever une armée de morts-vivants et partir à la conquête du monde...

Pour ce que j’en savais, ce n’était pas vraiment une nouveauté...
- Et alors ? Ça arrive régulièrement, non ?

- Oui mais nettement moins souvent, ces derniers temps. La plupart des nécromanciens trop ambitieux ont été neutralisés et les artefacts trop dangereux ont été confisqués par les Guildes de sorcier. Et c’est une bonne chose, je pense...

- Ouais ! Sauf quand la Guilde en question se fait faucher le machin… Dites-moi, je suppose que la récompense de dix mille pièces d’or inclut de ne pas ébruiter l’incident, n’est-ce pas ?

- En effet, Monsieur Lantz, aussi je compte sur votre discrétion.

Je parvins à ne pas pouffer de rire. Comment une nana à peu près aussi discrète qu’une mouche sur un mur de plâtre pouvait connaître l’existence de ce mot ? Ça me dépassait ! Mais je préférais changer de sujet.
- Mais alors à quoi joue ce Callidus ?

Elle haussa les épaules.
- Je vous l’ai dit, c’est un minable ! Il a dû découvrir par hasard le pouvoir de vol d’âmes du Sceptre et s’en sert pour commettre ses pitoyables larcins… braquer des boutiquiers avec ça ! Franchement !

Elle avait l’air vraiment dégoûtée. J’en profitais pour relancer.
- Mais comment fait-il concrètement ? C’est quoi ce pouvoir de vol d’âmes ?

- Le Sceptre peut aspirer l’âme d’un mortel et la tenir ainsi en son pouvoir, expliqua-t-elle. Il suffit de brandir sous le nez de la cible l’extrémité où est serti un diamant noir et de prononcer le Mot de pouvoir. Et si la victime a le malheur de regarder le diamant, zou !, son âme est enfermée dans le diamant et totalement soumise au porteur du sceptre mais le corps de la victime conserve toute sa motricité et ses capacités d’actions ordinaires. Rien de plus facile ensuite que de lui faire vider ses coffres...

- Et ça dure longtemps ?

- À jamais… Mais le sceptre peut libérer les âmes emprisonnées, bien sûr ! D’ailleurs rappelez-moi de le faire quand nous l’aurons récupéré.

Bah oui, tant qu’à faire...

Mais un autre truc me travaillait…
- Dites-moi… vous voulez dire que les âmes des victimes sont toujours enfermées ? Y compris celles des victimes que nous avons rencontrées à Briamont ?

- En effet. Le corps conserve sa pensée et son autonomie. Mais peu à peu il va s’étioler et mourir, faute de la force vitale que procure l’âme…

Hou ! Que je n’aimais pas ça ! Alors j’insistai.
- Attendez ! Est-ce que le propriétaire du sceptre peut savoir ce que ses victimes voient et entendent ?

- Naturellement ! C’est le B-A-BA de ce genre d’objet.

Je restais longuement à la fixer, assez longtemps pour qu’elle puisse enfin additionner deux et deux. Et, finalement, elle arriva à la bonne conclusion.
- Oh ! Vous voulez dire qu’il sait que nous le poursuivons et qu’il pourrait nous avoir tendu un piège ?

Je me massais lentement les tempes, mon mal de crâne revenait. C’est chronique, je suis un type sensé alors j’ai du mal à garder mon calme quand quelqu’un gaspille son énergie à enfoncer des portes ouvertes...
- Avouez que c’est une possibilité, non ?, soupirais-je.

★★★

La nuit était claire et les vitres des fenêtres de l’auberge luisaient faiblement sous les rayons de la lune. Nous étions dissimulés à l’angle du mur d’une maison située de l’autre côté de la rue et, de là où nous nous tenions, nous n’apercevions aucune une lumière à l’intérieur. D’ailleurs, aucune des maisons de ce village où nous étions arrivés une heure plus tôt ne semblait être éclairée et il n’y avait pas un chat dans les rues... Ce n’était pas forcément anormal ; dans ce genre de patelin les gens ont tendance à se coucher tôt… Dans le lointain, un chien se mit à aboyer.

- Vous êtes sûre qu’il est là-dedans ?, demandais-je.

Elle était derrière moi et regardait par-dessus mon épaule. Par la force des choses, cette position favorisait un contact étroit et pas désagréable... Maîtrise-toi, Lantz, maîtrise-toi ! T’as vraiment autre chose à foutre, là !! Me glissa perfidement la petite voix.

- Certaine, affirma-t-elle. La piste est toute chaude !

Elle faisait sans doute allusion à sa flamme bleue. Pour ma part ça faisait des heures que je ne la voyais plus.
- Espérons que ce n’est pas un autre objet nécromantique qui n’a rien à voir avec notre affaire. Vous avez un plan ?

Je sentais son souffle près de mon oreille.
- On rentre, on casse tout, on embarque le type avec le Sceptre, et on s’en va.

Ça a au moins le mérite d’être un plan simple.

Silencieusement, la sorcière et moi nous faufilâmes jusqu’à l’auberge, c’était une imposante construction en solide pierre brute, mais la porte cochère n’était même pas verrouillée. Nous entrâmes.
Le portail donnait sur une cour intérieure, sur notre gauche se trouvaient les écuries, sur notre droite se trouvait l’auberge proprement dite avec sa salle commune au rez-de-chaussée et ses chambre à l’étage…

Il n’y avait pas une lumière, pas un bruit non plus.

Ou presque…

Sur ma gauche, dans l’écurie, des grattements contre la porte se faisaient entendre. D’un geste, j’indiquais l’endroit à la sorcière. Elle hocha la tête et s’approcha de moi. « Ça ne ressemble pas au bruit que font des chevaux… », chuchota-t-elle. « On dirait plutôt… » Je ne lui laissai pas le temps de finir, je dégainai mon épée. Elle sursauta et cria « Ne faites pas ça ! »

Hein ?, fut ma seule pensée. Derrière la porte, les grattements devinrent frénétiques des coups sourds commencèrent à pleuvoir dessus et les battants tremblèrent sous le choc… finalement la porte éclata projetant des fragments de bois dans toutes les directions, tandis qu’un nuage de poussière envahissait la cour.

De l’intérieur nous parvint d’abord une épouvantable puanteur de charogne, suivie de faibles gémissements qui semblaient se rapprocher… Puis leurs auteurs, de grandes silhouettes humanoïdes décharnées aux gestes hésitants et gauches, émergèrent en plein air, leur regard vide de toute expression ne laissait aucun doute quant à leur nature.

Des zombies !

Ils avaient perçu notre présence et leurs gémissements se muèrent en de sourds meuglements alors qu’ils se mettaient en marche vers nous.

★★★

Et meeerdeuh !

Les zombis étaient des cadavres magiquement animés qui avaient, entre autres particularités, d’être immunisés aux armes ordinaires. J’avais beau avoir appris à la dure que la mienne était assez spéciale pour affecter les fantômes, dans le cas des zombis je me demandais si... mais je fus interrompu dans mes réflexions.
- Votre épée, Monsieur Lantz, annonça la sorcière d’un air exaspérée. « C’est ça qui les attire ! Il ne fallait PAS la dégainer ! »

- Sans déconner ? Et comment est-ce que je pouvais savoir qu’ils étaient là, à nous attendre derrière cette porte à la con ?

Elle croisa les bras et me toisa.
- Ah !, ricana-t-elle. On voit que vous n’y connaissez rien aux morts-vivants Monsieur Lantz !

- Pourtant, j’ai eu droit à un stage accéléré, ces derniers temps !, grinçais-je. Mais si vous voulez compléter mes connaissances dans ce domaine, ne vous gênez pas et allez-y !

La meute puante et suintante n’était plus qu’à quelques pas de moi.
- Votre épée peut parfaitement les tuer, Monsieur Lantz, énonça-t-elle comme une maîtresse d’école sermonnant un cancre. Ne me dites pas que vous l’ignorez, enfin !

- Si ! Mais merci de l’info !

- De rien !, répondit-elle, avant de conclure. « À vous de jouer, nous perdons du temps ! »

Ben tiens ! Surtout ne vous dérangez pas, hein !? Je gère !


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:37

D’un autre côté, si vraiment cette épée était efficace contre ces zombies, je pouvais effectivement m’en occuper tout seul. Je suis bon avec une épée et j’ai déjà affronté des adversaires autrement plus vifs que la bande de traînards paralytiques que j’avais en face de moi…

À titre d’essai, je levai mon arme et frappai le zombie le plus proche. L’impact de ma lame sur son cou produisit un curieux éclair verdâtre. La tête du zombi vola, retomba au sol et se changea instantanément en poussière. Le reste du corps aussi. Le tout avait duré à peu près deux secondes.

« C’est tout ? » demandais-je à personne en particulier. Personne ne me confirma que c’était tout, mais je compris seul que c’était tout.

La minute qui suivit fut mon premier moment de bonheur depuis des mois. Je poussai un hurlement et me ruai sur l’ennemi. Ce fut un vrai tourbillon ! Je frappai ! D’estoc, de taille, balayant, bousculant, tranchant, découpant ! Chaque fois que ma lame touchait un zombi il tombait en poussière sans opposer davantage de résistance qu’une bulle de savon à une hallebarde !

Bientôt, il ne resta plus des zombis que quelques tas de poussières que je balayai d’un coup de botte. Ça faisait durer le plaisir ! C’est en dispersant la poussière du dernier zombi que je pris conscience que, emporté par mon élan, j’étais entré dans l’écurie.

Ma deuxième prise de conscience était de remarquer que je n’y étais pas seul.

Ma troisième prise de conscience était de constater que ce n’était pas du tout quelqu’un que j’avais envie de revoir. La voix du nouveau venu s’abattit sur moi comme une déferlante sur le pont d’un navire en perdition. Avec autant de violence et de détermination glacée...

« Mais c’est mon visiteur importun de l’autre fois », grinça-t-elle. « Décidément le monde est plein de surprises ! »

Je ne suis pas un trouillard mais, cette fois, je fus à deux doigts de m’oublier sur le sol. Je claquais des dents si fort que je dus fournir un effort surhumain pour ne pas me déboiter la mâchoire. J’y parvins, les dieux seuls savent comment. Je parvins même à répondre au nouveau venu.
- Ouais… et ça me fait bien chier… Monsieur Aazchar. »

★★★

Essayez d’imaginer un quasi-squelette humain sur lequel il reste assez de peau jaunâtre tendue sur les os, un peu comme sur un tambour mais en moins mélodieux, pour dessiner un visage dépourvu de lèvres et dont les dents jaunies ne font que souligner les petites flammes rouges qui dansent au fond d’orbites sans fond, emballez ce corps malingre dans de longues robes d’étoffes noires tombant jusqu’au sol et, pour faire bonne mesure, ajoutez-y bracelets, pectoral, tiare et autres bijoux d’or terni, sertis de pierreries éteintes… Au final vous avez ce que l’on appelle communément un Seigneur liche et, plus communément encore, une Vraie saloperie !

En cet instant, la saloperie n’était pas seule.

À ses côté se tenait un homme... enfin plutôt un adolescent replet, de taille moyenne dont les cheveux noirs et gras encadraient un visage joufflu. Il portait les restes délavés d’une robe d’étudiant et tenait dans sa main droite un long objet noir tout en jetant des regards affolés autour de lui...

Pas de doute j’avais retrouvé ce... zut ! Son nom ne me revenait pas ! Mais tout dans sa physionomie indiquait que c’était visiblement un étudiant en magie qui était en train de réaliser qu’il avait utilisé des jouets qui n’étaient pas de son âge...

Quelqu’un, hélas, se chargea de me rappeler son nom.

Oui, vous avez deviné…

Elle.

« Hooo, ho, ho, ho, ho !! Eh bien on dirait que je vous ai retrouvé, Monsieur Callidus, ex-apprenti de la Guilde de magie de Prokiam ! Pensiez-vous vraiment pouvoir échapper à la sagacité de Naga le Serpent blanc ? Ho, ho, ho ! Quand bien même vous vous seriez caché au bout du monde, jamais vous n’auriez échappé à la ténacité et à l’implacabilité de ma traque ! »

C’est marrant comme on peut s’habituer à tout, même au pire. Pour cette fois ce… disons rire !, m’avais juste donné un peu mal à la tête, mais c’était tout...
Les deux autres étaient visiblement moins aguerris. L’adolescent s’était pris la tête dans les mains et tremblait de tous ses membres, tandis que la Saloperie parcheminée nous regardait d’un air stupéfait. Et sur un visage pareil, ce n’était pas un mince exploit…

- C’est quoi, ça ?, demanda la liche. Elle s’était tournée vers moi et désignait du pouce l’apparition irrationnelle qu’était Naga le Serpent Blanc.

Je levais les yeux au ciel.
- Ce serait trop long et trop compliqué à expliquer, à moins que vous n’ayez un siècle ou deux à me consacrer, évidemment...

- Je pourrais en effet avoir un siècle ou deux à vous consacrer, Monsieur l’invité surprise... commença la liche. Puis elle considéra plus longuement la nouvelle venue et poussa un profond soupir, avant d’ajouter « Mais je pense que je ne veux pas savoir, au fond… »

- Ouais, répondis-je. « Je comprends. »

L’intéressée ne l’entendait visiblement pas de cette oreille. Elle se planta carrément en face du monstre pluriséculaire qu’était Aazchar le Seigneur liche et le toisa de toute sa hauteur. Je devais le lui reconnaître, elle était assez grande pour cela.

- Vous !, claironna-t-elle en désignant la liche du doigt. Comment osez-vous interférer avec la chasse de Naga le Serpent blanc ? Croyez-vous vraiment que j’envisage de partager les dix mille pièces d’or avec vous ? Sachez-le, Naga le Serpent travaille seule !

Ah bon ? Première nouvelle… me glissa la petite voix. Mais je gardai le silence pour ce qui suivi.

J’ai déjà dit que pour un cadavre ambulant, prendre un air stupéfait est un exploit. Pourtant, la liche ajouta à l’exploit, la prouesse de renouveler celui-ci. Son visage exprimait clairement une absolue stupéfaction mêlée d’un effarement évident... Je jure qu’elle en resta muette pendant un long moment avant de retrouver l’usage de sa langue…

- J’ignore totalement ce à quoi vous faites allusion, se défendit la liche en désignant l’épée et la dague qui pendaient à ma ceinture. « Je cherchais simplement à récupérer quelque chose m’appartenant » Elle s’interrompit brièvement avant de reprendre. « Toutefois, ce faisant, je suis tombé par hasard sur l’intéressant objet que transporte ce pitoyable individu… » Cette fois le monstre désignait un Callidus figé, plaqué contre le mur avec les yeux exorbités de terreur et les mains crispées sur le Sceptre des âmes. « Et je pense que je vais faire d’une pierre deux coups en récupérant le tout. »

A ces mots, les yeux rougeoyant au fond de leurs puits de ténèbres se posèrent sur moi. Je pense que mes jambes manquèrent de s’affaisser sous moi lorsque le seigneur des morts poursuivit à mon intention. « Aussi, Monsieur le visiteur indélicat, puisque vous portez à la ceinture des objets qui sont miens, je vous les reprends séance tenante et j’en profiterai pour vous punir pour avoir voulu me soustraire ce qui m’appartient… »

Puis, la monstruosité parcheminée fit un pas dans ma direction, la lueur rougeoyante dans ces yeux qui me fixaient semblait avoir triplé en intensité. Je fis un pas en arrière, puis un autre et encore un autre... Je reculais, la liche avançait toujours vers moi. Son regard restait rivé sur le mien, elle sembla soudain grandir, grandir et grandir encore pour occuper tout mon champ de vision, la rougeur flamboyante de son regard vint m’engloutir tout entier... Allez savoir comment mais, tout en tremblant comme une feuille, je parvins, à brandir mon épée vers le monstre en ayant vaguement conscience de ne respirer qu’à peine, tandis qu’une longue coulée de sueur s’étalait sur mon visage et mon cou...

- N’ap… n’approchez pas !, couinais-je misérablement.

- Allons, ricana l’horreur putréfiée. Je ne vous tuerai pas, Monsieur le voleur, rassurez-vous. Non, en fait j’ai bien d’autres choses bien plus amusantes à votre service, vous verrez…

À part les on-dit ordinaires, je n’y connaissais rien à la nécromancie. Parole ! Mais il n’est pas besoin d’être versé dans les arts magiques pour deviner que quand une Liche vous annonce tranquillement qu’elle vous réserve un sort pire que la mort, cela présage d’un avenir vraiment pourri !

Cours, Lantz ! Barre-toi d’ici et vite !!! , me hurla ma petite voix intérieure. C’était la voix de la sagesse. Je décidai de m’élancer hors de cette foutue grange et de mettre la plus grande distance possible entre moi et tout ce foutoir. Mais dans ce cas pourquoi mes pieds demeuraient-ils figés ? Pourquoi avais-je l’impression que tout mon corps était en plomb ? Et pourquoi tout l’environnement était-il devenu rouge ? Rouge comme le feu. Rouge comme les yeux infernaux du monstre... Il y eu un tintement métallique à mes pieds. Mon bras droit pendait le long de mon corps, ma main était ouverte et vide. L’épée tombée à mes pieds tournoyait comme l’aiguille d’une boussole démente… puis toute la pièce se mit à tourner autour de moi…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:37

Pourtant, l’horreur parcheminée ne semblait pas affectée par ce mouvement. Incapable de bouger, je la voyais se rapprocher de moi, elle tendit son bras dans ma direction je vis sa main jaunâtre se placer devant mon visage et emplir tout mon champ de vision… « Ravi de t’avoir connu, mon pote ! », me susurra la petite voix dans ma tête. J’étais trop crevé pour lui répondre…

C’est alors qu’une mélopée s’éleva dans les airs « Flamme bleue intarissable, puissance qui sommeille dans nos âmes, viens depuis l’infini, rendre ton jugement. »
Puis un aboiement sec.

« Ra Tilt ! »

Et un déferlement de flammes bleues surgit de sur ma droite, il percuta de plein fouet la liche et englouti son corps dans un tourbillon céruléen ardent ! L’impact fut si violent que le monstre fut projeté en arrière pour aller s’écraser contre le mur à l’autre bout de la grange, faisant sauter quelques moellons au passage, et la liche s’affaissa lentement au sol...

Je contemplais le spectacle sans pouvoir réagir, lorsqu’une main se posa sur mon avant-bras inerte.
Je tournai la tête, le visage de Naga le Serpent blanc me faisait face, ses yeux bleus étaient plongés droit dans les miens, se lèvres bougeaient mais je dus me concentrer pour que le martèlement dans mes tympans s’estompe enfin pour laisser la place à des paroles articulées « …tes-vous bien là, Monsieur Lantz ? »

Je secouai la tête et, curieusement, ma langue consentit à m’obéir…
- Ouais, je suis là et je crois que ça va... balbutiais-je. Les flammes bleues, c’était vous ?

- Et qui voulez-vous que ce soit ?, répliqua-t-elle. Cet idiot de mort-vivant a commis l’erreur de me sous-estimer, moi, Naga le serpent blanc, en s’en prenant à vous en priorité ! Votre diversion m’a permis de lui régler son compte ! Elle fit un geste de la main, comme pour balayer toute objection éventuelle, puis me désigna la liche. « Et puisque vous allez bien, rendez-vous utile et finissez-la, s’il vous plait. » Elle s’interrompt brièvement avant d’ajouter. « Et faites vite nous n’avons pas toute la journée ! »

J’avisais mon épée tombée au sol, puis considérais la liche. Et là mon cœur manqua un battement ! La liche bougeait encore ! Pire ! Cette horreur était en train de se relever ! Un frisson glacial me parcouru tout le corps, bon sang mais qu’est-ce qu’il fallait pour buter cette chose ?

Quand on se retrouve soumis à une terreur intense, l’esprit se fige. Dans ce cas, soit le corps s’arrête, soit les réflexes prennent le relais, or j’ai des réflexes très affûtés ! Avant même d’avoir réalisé ce que je faisais, j’avais ramassé mon épée et m’était rué sur la liche. Comme dans un rêve, je la vis se relever, me faire face et tendre un bras dans ma direction. Mais c’était trop tard, dans un mouvement irréel la lame de mon épée frappa la base de son cou. Hypnotisé, je vis un nouvel éclair verdâtre accompagner la décollation, tandis que la tête s’envolait en une gracieuse parabole et que le reste du corps retombait lourdement sur le sol... En quelques instants, ce qui avait été Aazchar le Seigneur liche n’était plus qu’un gros tas de poussière répandue sur le sol et enveloppé dans des vêtements fanés desquels émergeaient de lourds bijoux faits d’or et de pierreries…

Le rire inimitable de vous-savez-qui salua l’exploit.

- Hooo, ho, ho, ho, ho !! Voilà une affaire rondement menée, ne trouvez-vous pas Monsieur Lantz ?

Je désignais le tas de poussière.
- Vous voulez dire qu’il est mort pour de bon ?

Elle haussa les épaules et esquissa une moue vaguement dédaigneuse…
- Décidément, Monsieur Lantz, vos connaissances en matière de morts-vivants sont vraiment lacunaires... Bien sûr qu’il n’est pas mort pour de bon. On ne se débarrasse pas d’une liche aussi facilement, mais nous devrions être tranquilles pendant quelques temps...

La sorcière commença à farfouiller dans la poussière, extrayant les bijoux qu’avait arborés la liche puis les examinant un à un d’un regard à la fois ravi, évaluateur et... gourmand ! Pour ma part, j’avais une toute autre préoccupation et d’un toussotement je l’interrompis dans son inventaire...

- Ha-hem ! Je ne voudrais pas doucher votre enthousiasme, mais vous n’oublieriez pas un petit quelque chose ?

- Hum… ? Quoi donc ?, répondit-elle d’un air distrait, occupée qu’elle était à soupeser un lourd pectoral en or…

Je poussais un long, très long, soupir.

- Callidus, bon sang ! C’est bien pour lui qu’on est là, non ? Au cas où cela vous aurait échappé il a pris la tangente pendant que nous étions occupés avec ce Monsieur, dis-je en désignant le tas de poussière.

Elle ne daigna même pas tourner la tête vers moi, occupée qu’elle était à épousseter deux bracelets en or visiblement très massif…
- Vraiment ? Hé bien allez donc le rattraper, Monsieur Lantz, ça devrait être dans vos cordes…

Maîtrise-toi, Lantz, maîtrise-toi !!, me souffla la petite voix. C’est un cas désespéré, c‘est tout, et tu n’y peux rien…

Allez avoir comment, mais je parvins à me maîtriser. Sans un mot je quittai l’écurie...

★★★


- Que se passe-t-il ? Et qui êtes-vous, d’abord ?, me demanda un gros homme en chemise de nuit, portant encore un bonnet de nuit. Il se tenait dans la cours de l’auberge, alors que je quittais l’écurie.

- Je pourrais vous retourner la question, lui rétorquais-je, hargneux.

Il manqua de s’étouffer d’indignation et, écarlate, se frappa la poitrine.
- Moi ? Mais je suis le propriétaire de cette auberge et vous êtes ici chez moi, Monsieur !

Voilà qui tombait à pic.
- Dans ce cas, raillais-je, peut-être avez-vous vu passer un petit gros en robe d’étudiant ? Je suis à sa poursuite pour diverses peccadilles, vous ne sauriez pas où il est allé, par hasard ?

- C’est un de mes clients, en effet, mais pourquoi vous renseignerais-je ? Qu’est-ce qui me garantit que vous me dites la vérité ?

Ma main dans ta gueule, ça irait comme garantie ? , pensais-je. Mais je me contentais d’une réponse évasive.
- Si vous tenez une caisse dans votre gourbi, dis-je en désignant l’auberge, allez donc voir si elle est encore pleine… ou présente.

Cela ne traîna pas. Moins de deux minutes plus tard, un aubergiste ulcéré par le vol qu’il venait de constater jurait par tous les dieux que, non, jamais il n’aurait pensé cela de la part d’un client, qu’on ne pouvait décidément se fier à personne, qu’il allait faire rechercher le voleur et que cela ne se passerait pas comme ça ! Entre deux imprécations, je pus saisir que son ex-client avait émis, la veille, le souhait de se procurer des chevaux frais et que le maréchal-ferrant du village en louait dans sa boutique située sur la grande place du village. C’était tout ce que j’avais besoin de savoir et je me mis en route dans la fraîcheur du petit matin...

★★★

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Merlock
Membre de la bande à Zelgadis
avatar

Messages : 243
Date d'inscription : 13/12/2014
Age : 42
Localisation : 92

MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   Jeu 22 Déc - 13:38

- Maintenant tu es à moi !, annonça triomphalement le jeune homme replet au colosse qui lui faisait face.

Le colosse, c’était le maréchal-ferrant. Impossible de s’y tromper ; un mastard portant tablier et gants de cuir se tenant dans un atelier où figuraient une forge, une enclume et tout un assortiment d’outils à l’avenant ne pouvait pas prêter à confusion…
Le jeune homme replet était évidemment le dénommé Callidus, ci-devant étudiant en magie et désormais fugitif... Il brandissait un sceptre de métal noir à moins d’un pouce du nez du maître des lieux dont les yeux de somnambule louchaient sur la pierre noire et luisante sertie à l’extrémité de l’objet.

J’étais dissimulé derrière la porte à double battants de la boutique et observait toute la scène. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre la situation ; notre crétin de service avait de nouveau fait usage de son jouet préféré, sans doute dans le but de s’emparer d’un des chevaux que l’on entendait hennir au fond de la cour du bâtiment, pour filer le plus loin possible.

Désolé mon gros mais la fête est finie…

Je me plaçais résolument dans l’encadrement de la porte et, les mains sur les hanches, annonçais d’une voix forte :
- Tu m’ôtes les mots de la bouche, mon mignon !

Si je m’attendais à une réaction de terreur de la part de ma proie, j’en fus pour mes frais. Callidus n’hésita qu’un bref instant avant de se tourner vers le forgeron pour me désigner d’une voix forte et ordonner « Tue-le ! »

Ho merde !!

Comme un automate, le colosse s’empara d’un énorme marteau de forge qu’il brandit à deux mains puis, avec un hurlement guttural, il fonça vers moi ! J’eu tout juste le temps de plonger sur le côté, le marteau siffla au-dessus de ma tête et fracassa la porte en bois en milliers d’échardes !

J’avais été surpris et j’avais hésité. Je ne pouvais évidemment pas tuer un homme sous emprise magique, mais je ne tenais pas non plus à me faire transformer en viande hachée. Mon adversaire tenta un balayage avec son marteau, je plongeai sous sa garde, esquivait le coup et, lancé à pleine vitesse, me réceptionnait sur son foie avec le pommeau de mon épée en guise de bélier. Le gros mastard poussa un hoquet de douleur et se plia en deux, ce qui me permit de lui asséner sur la nuque un coup du tranchant de ma main. Il s’effondra sans un cri et ne bougea plus.

Bon. Ça, c’est fait !

Naturellement, l’autre crétin en avait profité pour filer. Il n’était pas loin, juste dans l’écurie si j’en jugeai par le bruit des réactions des chevaux à l’approche d’un inconnu. Oui, c’est quelque chose qui se reconnaît avec un peu d’habitude...

J’entrais dans l’écurie. Comme prévu le dénommé Callidus tentait maladroitement de faire sortir un cheval en le tenant par la bride, mais il se retourna d’un bloc à mon arrivée. Cette fois ce fut vers mon visage qu’il brandit ce foutu sceptre avant d’entonner d’une voix forte cette litanie ; « Réponds à l’appel des ténèbres et que ton âme renonce à la lumière ! » Immédiatement, le sol se mit à tourner autour de moi, une douleur prodigieuse me vrilla le crâne et le diamant noir sembla prendre des proportions prodigieuses !

Ah non, mon gros ! Pas deux fois !

Je vous ai déjà dit ce qu’il en est de mes réflexes avec une épée, n’est-ce pas ? Hé bien d’un seul revers, la lame noire mordit le métal du sceptre et en sectionna net le manche ! Mon poing suivi le mouvement et alla fracasser la mâchoire de l’autre abruti ! Il s’effondra comme un sac de son et toucha le sol exactement au même instant que le morceau tranché du sceptre !

★★★

- Ah ! Bravo Monsieur Lantz, c’est réussi !

La personne qui m’engueulait n’était nulle autre que Naga le serpent blanc. Elle tenait entre ses mains les tronçons de ce qui avait été le Sceptre des âmes et braquait sur moi un regard ulcéré.

- On peut pas le recoller ?, hasardais-je…

Elle haussa les épaules.
- Vous apprendrez, Monsieur Lantz, qu’un objet de pouvoir ne se répare pas comme un vulgaire pot de chambre ! Il constitue un tout et une fois détruit, le tout cesse d’être. Intégralement !

- En clair il est foutu, c’est ça ?

- C’est ça ! conclut-elle. Et elle jeta au loin les deux morceaux inutiles…

Il y eut un assez long moment de silence. Un moment assez pénible, aussi, car elle me foudroyait littéralement du regard. J’essayais de changer de sujet.
- Et lui ? On en fait quoi ?, demandais-je en désignant le dénommé Callidus qui gisait ligoté et bâillonné contre le mur de la forge…

Elle haussa les épaules.
- La prime des dix mille pièces d’or ne concernait que le sceptre. Dans son cas on peut toujours le remettre aux autorités, mais on n’en tirera pas grand-chose de plus.

- Mouais… vous avez quand même récupéré les cent pièces d’or du butin des vols commis à Briamont…

- C’était prévu dans l’accord, non ? Où est le mal ? Mais ce n’est qu’un minable lot de consolation, Monsieur Lantz ! La vérité c’est que votre impulsivité m’a fait perdre dix mille pièces d’or !

- Mon impulsivité ?, hurlais-je. « J’ai sauvé mes fesses, c’est tout ! Je n’avais du tout envie de figurer au tableau de chasse du Sceptre des âmes, figurez-vous ! D’ailleurs qu’en est-il des âmes des victimes ? »

Elle se raidit sur ses ergots
- N’essayez pas de changer de sujet ! Les âmes ont été libérées quand vous avez détruit l’objet, mais là n’est pas la question ! Le problème est de savoir comment vous comptez me rembourser !

- Vous êtes gonflée !, et je ne faisais pas allusion à sa poitrine, cette fois. « Les dix mille pièces d’or étaient censées vous revenir si, et seulement si, vous leviez la malédiction qui pèse sur mon épée et ma dague. Pour ce que j’en sais, la malédiction est toujours là ! »

J’aurais sans doute mieux fait de me taire, car pour mon plus grand malheur elle éclata de son rire épouvantable...
- Hooo, ho, ho, ho, ho !! Oseriez-vous prétendre que moi, Naga le Serpent blanc, je ne tiens pas mes promesses ? C’est grotesque ! Allons, donnez-moi votre épée...

Sans un mot, je lui tendis l’arme. Elle la prit et l’examina quelques instants avant de déclarer « Ha ! C’est ici ! » Elle désignait un gros onyx noir placé à l’intersection de la poignée et de la garde de l’épée. Elle appuya dessus et le fit pivoter tête-bêche puis se tourna vers moi l’air satisfaite.

- Voilà qui est fait, annonça-t-elle.

Je n’avais rien compris et je fus bien forcé de l’avouer.
- Euh… qu’est-ce qui est fait ?

- J’ai désactivé l’ordre de convocation des morts. Il était resté bloqué en mode actif ! Pas étonnant que tous les morts-vivants de la région vous tombassent dessus sans arrêt, vous étiez un véritable phare pour eux !

- Quoi ? Mais… heu… c’est tout ?

Elle me regarda l’air interloquée.
- Eh bien oui. Vous vous attendiez à quoi ?

À quoi est-ce que je m’attendais pour lever une malédiction ? Mais bordel j’en savais rien, moi ! Seulement j’imaginais quelque chose d’un peu plus… heu… je ne sais pas, mais quelque chose de ‘plus’, vous voyez ? Un exorcisme, une cérémonie, voire une quête héroïque ou quelque chose comme ça ! En tout cas je ne pensais pas que le problème dusse se résoudre simplement en manipulant un foutu clapet !

Laisse tomber mon vieux Lantz, c’est déjà assez compliqué comme ça… Me souffla la petite voix dans ma tête. J’étais bien d’accord avec elle et je me contentais de pousser un long soupir avant de répondre…
- Nan, rien ! Laissez tomber…

Naturellement elle répondit à côté de la plaque.
- Ah ! mais attendez, vous me devez dix mille pièces d’or désormais, Monsieur Lantz, et je n’envisage pas de les ‘laisser tomber’, comme vous dites...

Et meeerdeuh !

Elle avait raison, un contrat est un contrat et notre contrat stipulait qu’elle touchât la somme d’argent que je lui avais fait perdre en détruisant le Sceptre… Seulement…

- J’ai pas le premier rond pour vous rembourser, avouais-je piteusement.

Et ça, elle devait le savoir, non ?

- Dans ce cas il va falloir trouver un nouvel arrangement, Monsieur Lantz ! Proclama-t-elle en brandissant bien haut l’épée d’Aazchar le Seigneur liche.

Pas besoin de me faire un dessin ; j’avais compris.
- Vous voulez garder l’épée, hein ?, soupirais-je. « Hé bien d’accord, gardez-la ! De toute façon elle ne m’a valu que des emmerdes, alors je m’en débarrasse volontiers. » Et en vérité, j’étais partagé entre un lâche soulagement et de profonds regrets…

Laisse tomber, mon vieux Lantz, me susurra la petite voix. T’es pas taillé pour ce genre d’objet ! C’est pour les héros, mec ! Et t’en es pas un ! Mais j’étais trop écœuré pour l’envoyer se faire foutre…

La jeune femme me regarda d’un air totalement sidéré.
- Mais de quoi parlez-vous ? Je n’ai absolument pas l’usage d’un tel objet et si je devais le revendre j’en tirerais une telle somme que c’est moi qui vous devrait de l’argent… Non, Monsieur Lantz, vous n’avez pas le choix, vous allez devoir travailler pour moi jusqu’à ce que vous m’ayez remboursée…

Je n’étais pas sûr d’avoir bien saisi…
- Euh… pardon ?

- Vous m’avez bien entendue, Monsieur Lantz : vous travaillez pour moi ! Je vous laisse l’usage de l’épée mais j’en conserve la propriété jusqu’à ce que je m’estime remboursée. Elle ne vous appartiendra de nouveau que quand vous aurez payé vos dettes. Ah ! Et je paie les frais. Dans les limites du raisonnable, bien sûr !

J’étais abasourdi. Elle avait lancé ça comme si elle était certaine de mon acceptation ! Mais pour qui me prenait-elle ?
Elle veut que tu restes avec elle, mec ! Me glissa perfidement la petite voix. C’est pas ce que tu as voulu lors de votre première rencontre ? Je demeurais interdit, mais mon regard s’égara sur ses… euh ! Formes, dirons-nous. Oui, évidemment, c’était l’idée de départ, mais… J’hésitais quelques instants, ce qui laissa à la petite voix le temps de poursuivre perfidement. Tu veux retourner à ta vie d’avant ? Pourquoi ? Qu’est-ce que tu as à perdre à accepter ? Un coup pareil ça ne se présente qu’une fois dans une vie, mec ! Le pire c’est qu’elle avait raison…

Je plongeais mon regard dans le sien, ses splendides yeux bleus me sourirent. Je lui souris en retour, posais la main sur la garde de l’épée et répondit.
- D’accord, marché conclu…

J’hésitai un instant avant d’ajouter. « Patronne. »

Une nouvelle fois, elle éclata de son rire aussi épouvantable qu’inimitable. Bizarrement, cette fois je tressaillis à peine sous le choc.

Mouais, ça aussi je pourrais m’y habituer…


FIN.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une Fanfic - Le Voleur d'âmes.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Castlevania: amis pour la vie [fanfic]
» Percy Jackson, le voleur de foudre
» [Riordan, Rick] Percy Jackson - Tome 1: Le voleur de foudre
» Percy Jackson - Le Voleur de Foudre
» Ma toute première fanfic, victime : Dn Angel

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Slayers Evolution-R :: Le laboratoire de Diol :: Slayers Unofficial : coup de crayon-
Sauter vers: